Rendu d'une scène 3D en relief


Un film en relief ne doit pas être le simple enrichissement d'un film classique au moyen d'effets de profondeur et de jaillissement. Le relief impose aux scénaristes et aux réalisateurs une écriture nouvelle des images, prenant en compte à la fois les contraintes de la technologie de diffusion et les paramètres de perception psychophysiologiques des spectateurs. Ainsi, si le jaillissement reste l'effet le plus spectaculaire, il faut en user avec raison, car sa mise en oeuvre reste un peu restrictive. De même, l'interprétation du relief impose plus de temps au cerveau et une écriture plus lente permettra aux spectateurs de mieux profiter de la richesse qu'offre la 3ème dimension. Les longs plans séquence s'avèreront également plus lisibles que les montages saccadés.

Sur un écran Alioscopy, les images peuvent jaillir avec une grande netteté à plus de 50cm de l’écran, voire à un mètre dans certains cas favorables. Mais il est préférable d’éviter que les objets jaillissants ne soient coupés par les bords de l’écran, sans quoi le cerveau peine à comprendre comment un objet de premier plan peut être coupé visuellement par un cadre situé derrière lui. Notre cerveau cherche alors à accommoder cette bizarrerie, ce qui peut provoquer une gène visuelle.

Il est délicat de donner des consignes intangibles pour le placement des caméras ou pour l’agencement d’une scène 3D destinée à être jouée en Alioscopy. En effet, chaque scène a des caractéristiques propres et votre intention sera peut-être de restituer un relief non orthostéréoscopique, c’est à dire différent de celui qu’il serait dans la réalité.

Les paramètres sur lesquels vous pouvez intervenir sont :
  • la position du plan de collimation dans la scène, c’est à dire la position du plan physique de l’écran dans la scène, ou encore le plan sur lequel il n’y aura pas de disparité entre les différents points de vue.
  • la base stéréoscopique, c’est à dire l’écartement entre les caméras 1 et 8,
  • la focale de vos caméras, qui correspond à leur angle de champ : une longue focale (téléobjectif) correspond à un petit angle de prise de vue tandis qu'une focale courte (grand angle) offre un angle de prise de vue beaucoup plus grand,


  • Le plan de collimation


    La position du plan de collimation dans la scène relève à la fois de contraintes techniques mais aussi de choix graphiques ou esthétiques. Comme nous l'avons évoqué plus haut, il faut éviter que des objets jaillissants ne soient coupés par les bords de l'écran, si bien qu'il peut être nécessaire d'avancer le plan de collimation pour éviter cet inconvénient.

    Dans l'écriture du film, il est par ailleurs recommandé de conserver une harmonie entre les plans. Une alternance entre scènes de fort et de faible jaillissement peut entraîner des difficultés d'accommodation du cerveau et provoquer une gêne chez le spectateur. De même qu'il est préférable de garder une cohérence de l'éclairage et des angles de champ dans le tournage des séquences consécutives d'un film, il est souhaitable de préserver une cohérence du relief dans l'enchaînement des séquences d'un film en Alioscopy.

    Pour référence, la position idéale du plan de collimation se trouve au 1/3 avant de la scène. Cette règle doit être adaptée au cas par cas, et les fonds peuvent être plus profonds si la disparité entre points de vue n'est pas trop manifeste.

    Idéalement, vous pouvez concevoir votre scène 3D comme évoluant dans un cube virtuel, dont le côté serait égal à la largeur de l'écran. Evitez de placer des objets structurants de la scène au delà de cet espace. En règle générale, il faut éviter de générer une trop grande disparité entre points de vue affectant les objets les plus jaillissants ou les plus profonds, particulièrement lorsqu'ils se détachent avec un fort contraste de leur arrière plan. Généralement, il existe un lien entre le contraste de l'image et la sensation de relief. Moins vos images seront contrastées, plus l'effet de relief sera saisissant. En outre, la sensation de relief s'enrichit de la présence de plans successifs et il peut être opportun de construire sa scène en conséquence.

    Les points de l'image figurant sur le plan de collimation seront identiques sur les 8 images. Si les images sont calculées de façon plus large que nécessaire, il est possible de les recollimater, en les décallant les unes par rapport aux autres. La marge excédentaire permet d'effectuer ce décallage sans perte d'information sur les bords. Déterminez un point de l'image situé sur le plan de collimation de votre choix et faites glisser toutes les images les unes par rapport aux autres, de telle sorte que ce point soit superposé sur chacune d'elles. Le logiciel de mixage des images fourni avec les écran Alioscopy permet d'automatiser cette recollimation.




    La base stéréoscopique


    Le cerveau perçoit la réalité en relief car les yeux, en moyenne écartés de 6.5cm chez l'adulte, observent toutes choses sous des angles sensiblement différents. L'Alioscopy permet de reproduire ces conditions sur un écran, grâce à la présence d'un composant optique lenticulaire qui renvoie deux images différentes sur chaque oeil. Un film en Alioscopy agrège 8 points de vue décalés d'une même scène, afin de garantir à chaque spectateur un angle de vision confortable. La distance totale séparant ces 8 points de vue s'appelle la base stéréoscopique.

    Les écrans Alioscopy de 40" sont focalisés pour être observés à une distance idéale de 4 mètres. Ils peuvent être vus de plus près ou de plus loin naturellement, mais dans un premier temps, il peut s'avérer pratique de placer ses caméras à cette distance du plan de collimation dans une scène 3D. Dans ces conditions en effet, lorsque les 8 caméras sont toutes écartées de 6.5cm, la scène sera vue de façon orthostréréoscopique, c'est-à-dire de façon telle que le relief simulé et la perspective seront identiques à ce qu'ils seraient dans la réalité. La base stéréoscopique sera alors de 45,5cm.

    Une fois posées les conditions de l'orthostéréoscopie , vous pouvez reculer vos 8 caméras ou les rapprocher de la scène, à conditions d'augmenter ou de réduire la base stéréoscopique de façon proportionnelle. Vous serez également amenés à modifier la focale des caméras et leur angle de champ en conséquence. Vous conserverez ainsi de bonnes conditions d'observation du relief.

    Les 8 caméras doivent être sur un même plan et leurs axes de vue parallèles. Nous vous déconseillons vivement de travailler en rotation avec des axes de vue convergents. Idéalement, si votre logiciel 3D le permet, les 8 caméras seront décentrées, de façon à ce qu'elles cadrent toutes la même région de la scène (celle matérialisée par l'écran sur la figure ci-dessous). A défaut, il faudra opter pour un angle de champ plus large. Il faudra qu'il soit au minimum égal à la largeur du cadre de l'écran majoré de la moitié de la base stéréoscopique. Vous pourrez ensuite recadrer les images en ne conservant que la partie de cadrage commune aux 8 caméras. Ainsi, on ne conservera que la partie droite du cadre de la caméra 1 et la partie gauche de celui de la caméra 8. Les images intermédiaires seront recadrées pour partie à gauche et à droite. Comme nous l'évoquions plus haut, il est possible de cadrer plus large si l'on souhaite pouvoir recollimater les images à postériori.




    La focale de vos caméras


    La base stéréoscopique est liée à la focale de vos caméras et elle dépend de leur distance à la scène. Comme nous l'avons vu plus haut, la base stéréoscopique diminue à mesure que les caméras se rapprochent de la scène. Compte tenu du décentrement, le centre de la scène n'est pas superposé avec le centre optique de la caméra. L'angle formé par la caméra et ces deux points est appelé angle d'incidence. Il est différent pour chacune des 8 caméras et il est inutile de le calculer. Mais quelle que soit la position des caméras, leur angle d'incidence reste constant, car si la focale des caméras augmente, la base stéréoscopique diminue. Cette règle vous permettra de vérifier que la base stéréoscopique est correctement ajustée.

    Dans l'exemple ci-dessous, on constate qu'en rapprochant les caméras de la moitié de la distance à la scène, la base stéréoscopique est divisée par 2, mais l'angle d'incidence reste constant. La focale des caméras change également dans les proportions indiquées.


    La position du plan de collimation, la base stéréoscopique et la focale des caméras sont les trois paramètres sur lesquels il faut jouer de façon cohérente pour assurer une représentation harmonieuse du relief. En respectant ces préceptes de base, vous pourrez laisser libre cours à votre créativité tout en évitant les pièges les plus courants liés à un mauvais placement de caméras : effets stéréoscopiques supérieurs aux effets de perspective, hyper-relief ou relief écrasé notamment. Le reste est affaire d'expérience et de talent. Utilisez un écran Alioscopy pour valider vos tests ou contactez-nous pour vous assister dans vos recherches. Les utilisateurs de 3DS-Max pourront utiliser le script développé par Alioscopy qui automatise le placement des caméras. Le logiciel de mixage fourni avec l'écran vous permettra d'expérimenter facilement différentes options de collimation, afin d'otpimiser l'effet de relief que vous recherchez.

    Vous trouverez d'autres conseils sur la création de films en relief sur le site de l'Union des Professionnels de la vision 3D.

    Contactez Gilles Marcellier pour toutes informations complémentaires.



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